La psychothérapie : comment ça se passe ?

Psychothérapie Lattes

Le déroulement d’une psychothérapie à mon cabinet

Dans cet article, j’explique ma façon de travailler au travers de différentes questions que l’on peut se poser concernant le déroulement d’une psychothérapie.

Comment se passe la première séance ?

La première séance est avant tout une rencontre. Il s’agit de faire connaissance et d’exposer ce qui ne va pas. Au cours de cet entretien je pose généralement des questions, pour pouvoir appréhender au mieux la situation et évaluer l’aide que je peux apporter.

Durant l’entretien, il est parfois compliqué pour la personne d’exposer les raisons qui la poussent à consulter. Il se peut qu’elle soit stressée, ou qu’elle ne sache pas par où commencer. Ce n’est pas grave. Je ne suis pas là pour juger, et je suis consciente que ce n’est pas facile de se livrer à quelqu’un que l’on ne connaît pas. J’essaie alors de mettre la personne à l’aise et de faciliter l’échange en posant des questions.

A la fin de l’entretien, il se peut que j’explique à la personne ma façon de travailler pour voir ensemble si cela lui convient. Elle peut aussi me poser des questions si elle le souhaite. Je propose ensuite un rythme de suivi, et nous fixons la durée des séances à venir. Il s’agit là du cadre de travail.

Dans une psychothérapie, il faut savoir que le thérapeute s’engage envers le patient. En ce sens, la première séance me sert aussi à évaluer si cet engagement de ma part pour vous aider sera possible. C’est pourquoi il peut arriver que si j’estime que je ne suis pas la personne la plus qualifiée pour résoudre un problème, je peux réorienter le patient vers un confrère que je juge plus à même de l’aider. C’est un gage d’honnêteté et de transparence que je m’engage à appliquer.

Et si je n’ai pas accroché ?

Il est possible que l’approche que je propose ne convienne pas à certaines personnes, ou que le courant ne soit tout simplement pas passé. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à le dire, et c’est même primordial. Il n’y a rien de pire que d’aller chez le psy à reculons. Ce qui est important, c’est que vous trouviez le professionnel qui vous convienne et avec qui vous avez envie de travailler. Si vous avez pris rdv pour la semaine suivante, pensez simplement à annuler 48h à l’avance.

Comment se passent les séances suivantes ?

Elles se passent de manière libre, dans le sens où la personne parle de ce dont elle a envie de parler. Elle peut reprendre le fil là où on s’est arrêtés la fois d’avant, ou parler d’autre chose. Par exemple, elle peut aborder un événement qui a eu lieu au cours de la semaine, quelque chose qui l ‘a marquée, une interrogation qui lui est venue, un rêve qu’elle a fait, un ressenti qu’elle éprouve, un souvenir qui lui est revenu, etc… C’est entièrement libre. Je travaille toujours à partir de ce que m’apporte le patient.

Combien de temps ça va prendre ?

S’il y a bien une question à laquelle je ne peux pas répondre, c’est celle-ci ! Cela dépend de nombreux facteurs : de la demande (psychothérapie de soutien ou psychothérapie analytique), du rythme de chacun et de l’implication du patient. Parfois en 3 séances un problème peut être résolu, parfois il en faut beaucoup plus. De manière générale, les psychothérapies de soutien sont plus rapides, car il s’agit principalement de passer un cap difficile. Les psychothérapies analytiques quant à elles prennent plus de temps, parce qu’il faut creuser un peu plus. Mais encore une fois, cela peut varier d’une personne à l’autre. Il n’y a pas de règles absolues.

Et si après plusieurs séances je ne sais plus quoi dire ?

Il est vrai que cela arrive parfois. On ne sait plus quoi raconter parce qu’on a l’impression d’avoir vidé son sac. Parfois il suffit de le dire au thérapeute et cela lève le blocage. Mais il ne faut pas s’inquiéter lorsque ça arrive. Cela peut être bon signe, car premièrement, cela montre qu’on a déversé les choses factuelles du quotidien qui nous parasitent. On passe alors à autre chose, à un autre niveau, où l’on peut commencer à vraiment s’intéresser à sa vie psychique. Deuxièmement, cela veut dire que l’on ne planifie pas ce que l’on va dire en séance, laissant le psychisme dans une certaine ouverture. Ces séances-là peuvent alors être très riches, où l’on part de choses banales pour arriver à associer sur des choses très personnelles et pertinentes.

Je trouve que ça n’avance pas assez vite, que puis-je faire ?

Psychothérapie et impatience ne font pas bon ménage ! Faire une psychothérapie, c’est prendre du temps pour soi et pour réfléchir. Il est donc important d’apprendre à se poser et à ne pas vivre sa thérapie comme une course contre la montre. Il faut aussi être indulgent envers soi-même. On ne comprend pas tout d’emblée, et c’est normal.

De plus, il faut bien avoir conscience que le psychisme d’une personne a ses mécanismes propres. Cela veut dire qu’il fonctionne d’une certaine façon, et ce depuis des années. En psychothérapie, on cherche d’abord à comprendre comment ces mécanismes fonctionnent afin de mieux appréhender un problème. Puis on les « réagence » en les analysant, en les assouplissant, etc, afin de créer un mieux-être et une cohésion interne. Cela peut prendre du temps.

Je me sens moins bien par moments durant le suivi, est-ce normal ?

Après quelques séances, on se sent généralement mieux. On peut remarquer aussi la diminution des symptômes. Puis lorsque l’on avance un peu plus dans le suivi, des choses que l’on avait refoulées peuvent resurgir. C’est dans ces moments-là qu’en effet on peut se sentir moins bien. Mais c’est tout à fait normal, et c’est même signe que la thérapie fait effet. Il est important de ne pas rester seul avec ça et de pouvoir m’en faire part afin que je puisse vous soutenir au mieux dans ces moments difficiles. Il est également important de ne pas abandonner et de persévérer, car la reconnaissance des affects douloureux qui resurgissent est primordiale pour aller mieux ensuite.

J’ai l’impression que je n’avance plus depuis plusieurs séances, pourquoi ?

Le psychisme, comme le corps, peut se concevoir comme un organisme vivant. Il réagit au monde extérieur, à ce qui est dit, à ce qu’il perçoit. Parfois il s’ouvre, et c’est là que des choses inconscientes remontent et que les liens se font. On remarque alors que l’on avance plutôt bien dans sa thérapie. Et parfois, c’est l’inverse. Le psychisme se referme, comme s’il se repliait dans sa coquille. C’est un mécanisme de défense, qui vise à vous protéger. Cela peut arriver quand des choses trop douloureuses pointent le bout de leur nez.

Cela ne fait rien. C’est quelque chose de normal qui arrive dans toutes les thérapies. Ça ne veut pas dire pour autant que le travail est inefficace, bien au contraire. Il est important de maintenir le suivi au même rythme et de me faire part des difficultés ressenties. Bien souvent, quelques séances plus tard la situation se débloque, et le psychisme recommence à s’ouvrir.

Je souhaite arrêter le suivi, que faire ?

Vous êtes libre d’arrêter le suivi quand vous voulez. Si vous êtes venu peu de fois et que cela ne vous convient pas, la seule condition est d’annuler votre séance 48h à l’avance. Pour les patients avec un suivi en cours, l’arrêt est également possible à tout moment. En revanche, il convient de m’en avertir afin que nous puissions échanger avant d’arrêter le suivi brusquement. Parfois il s’agit d’un simple blocage qui peut être levé en discutant, et il est alors dommage d’abandonner le travail pour cela. Quoi qu’il en soit, il est toujours important que le patient puisse exprimer ce qu’il ressent.