Les spécificités d’une psychanalyse

Les spécificités de la cure

La psychanalyse ne cherche pas à tout prix à éradiquer le symptôme, même si elle a pour effet de le faire disparaître. Elle se penche au contraire sur la singularité du patient ainsi que sur son symptôme qui en est la marque. Le symptôme a toujours plusieurs fonctions : entre autres, celle de dire la vérité inconsciente. En d’autres termes, c’est un moyen d’expression que l’inconscient trouve pour faire entendre quelque chose de refoulé qui cherche à se dire. Il n’y a qu’en écoutant cela qu’un effet de pacification peut se produire.

Psychanalyse Lattes

Psychanalyse Lattes

La psychanalyse est ainsi une expérience de vérité pour l’analysant, dans le sens où il va chercher à comprendre comment les choses se sont inscrites psychiquement pour lui, comment elles ont déterminé sa vie, ses choix, sa façon de voir les choses et d’agir.

En faisant cette expérience de vérité, l’analysant va petit à petit pouvoir faire les liens entre ce qu’il a vécu, ce qui lui a posé problème et comment il a réagi inconsciemment. C’est cette connaissance et cette prise de conscience qui vont lui permettre de se dégager de ce dans quoi il était pris et de prendre une nouvelle posture. Tout ceci produit alors un effet de pacification. Le but de l’analyse est donc de replacer l’analysant dans son désir, de le sortir de sa compulsion de répétition inconsciente et mortifère qui dirige sa vie et qui provoque la répétition de situations de vie ou l’apparition de symptômes. Faire une psychanalyse, c’est d’une certaine façon acquérir une liberté en se déprenant du déterminisme de l’inconscient.

Divan ou non ?

Le dispositif classique du divan favorise l’association libre dans la mesure où la position allongée permet à l’analysant de laisser libre cours à sa parole sans faire le tri et sans avoir à se soucier du regard de l’analyste. C’est le fait de dire tout ce qui lui passe par l’esprit au moment où ça se présente, même si cela paraît sans importance, sans aucun rapport ou gênant, qui permet à l’analyste d’entendre ce qui se dit de l’inconscient.

Le dispositif du divan, s’il est préconisé, n’est cependant pas obligatoire. Certains patients ne peuvent pas s’allonger parce que cela les angoisse trop, parce qu’ils ne sont pas à l’aise ou pas encore prêts. Cela s’étudie au cas par cas, ma pratique respectant toujours la singularité du patient.

La figure de l’analyste

Dans la cure analytique, le psychanalyste a une posture particulière. S’il est vrai qu’il ne dirige pas l’entretien comme dans les autres thérapies en posant de nombreuses questions au patient, il est tout de même présent et intervient ponctuellement lorsque cela est nécessaire et que quelque chose l’interpelle.
Dans la cure analytique telle que je la pratique, en aucun cas l’analyste est une présence fantôme qui se tait durant toute la séance et laisse l’analysant seul face à lui-même.

La posture de l’analyste est avant tout une posture d’accueil, de disponibilité et de réceptivité, où il écoute sans jugement ce que l’analysant lui dit. Il lui laisse le maximum d’espace afin de recueillir sa parole et de lui permettre de tisser ses propres liens, tout en faisant en sorte de lui glisser aux moments opportuns une remarque, un commentaire pour qu’il prenne conscience petit à petit de ce qu’il a refoulé.

En raison de la neutralité dont il fait preuve, le psychanalyste ne prodigue pas de conseils. Il accompagne plutôt l’analysant à trouver ses solutions et les réponses aux questions qu’il se pose. Émettre un jugement ou donner un avis sur quelque chose aurait un effet de suggestion néfaste qui n’a pas sa place en analyse et qui risquerait de la compromettre, l’éthique du psychanalyste étant de préserver l’autonomie de l’analysant afin qu’il puisse toujours être maître de ses propres choix.

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