Psychanalyse

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Qu’est-ce qu’une psychanalyse ?

En psychanalyse, c’est sur l’inconscient que le patient travaille, c’est-à-dire sur ce qu’il ne comprend pas et sur ce qui lui est inaccessible parce que refoulé. Le dispositif classique du divan favorise l’association libre dans la mesure où la position allongée permet à l’analysant de laisser libre cours à sa parole sans faire le tri et sans avoir à se soucier du regard de l’analyste. C’est le fait de dire tout ce qui lui passe par l’esprit au moment où ça se présente, même si cela paraît sans importance, sans aucun rapport ou gênant, qui permet à l’analyste d’entendre ce qui se dit de l’inconscient. L’analyse des rêves est une des voies privilégiées pour accéder à l’inconscient, au même titre que les lapsus, les actes manqués, les symptômes, etc.

Le dispositif du divan, s’il est préconisé, n’est cependant pas obligatoire. Certains patients ne peuvent pas s’allonger parce que cela les angoisse trop ou parce qu’ils ne sont pas à l’aise ou pas encore prêts. Cela s’étudie au cas par cas, ma pratique respectant toujours la singularité du patient.

La figure de l’analyste

Dans la cure analytique, le psychanalyste a une posture particulière. S’il est vrai qu’il ne dirige pas l’entretien comme dans les autres thérapies en posant de nombreuses questions au patient, il est tout de même présent et intervient ponctuellement lorsque cela est nécessaire et que quelque chose l’interpelle. Cela peut être par exemple pour faire remarquer la répétition d’un signifiant, un lapsus ou encore pour demander quelles associations l’analysant peut faire par rapport à ce qu’il vient de dire. Dans la cure analytique telle que je la pratique, en aucun cas l’analyste est une présence fantôme qui se tait durant toute la séance et laisse l’analysant seul face à lui-même.

La posture de l’analyste est avant tout une posture d’accueil, de disponibilité et de réceptivité, où il écoute sans jugement ce que l’analysant lui dit. Il lui laisse le maximum d’espace afin de recueillir sa parole et de lui permettre de tisser ses propres liens, tout en faisant en sorte de lui glisser aux moments opportuns une remarque, un commentaire pour qu’il prenne conscience petit à petit de ce qu’il a refoulé.

En raison de la neutralité dont il fait preuve, le psychanalyste ne prodigue pas de conseils, car c’est à l’analysant de trouver les réponses aux questions qu’il se pose. Émettre un jugement ou donner un avis sur quelque chose aurait un effet de suggestion néfaste qui n’a pas sa place en analyse et qui risquerait de la compromettre, l’éthique du psychanalyste étant de préserver l’autonomie de l’analysant afin qu’il puisse toujours être maître de ses propres choix.

Quand entreprendre une cure analytique ?

La demande d’une psychanalyse est motivée par une souffrance que l’on ressent, des symptômes que l’on ne comprend pas ou des situations de vie qui se répètent, nous dépassent et nous questionnent. En d’autres termes, on peut aller voir le psychanalyste lorsque l’on éprouve un mal-être qui nous empêche de vivre notre vie comme on l’entend. C’est pour cela que vouloir simplement mieux se connaître n’est pas un motif valable pour entreprendre une psychanalyse, car cela ne relève pas de la dimension thérapeutique.
La cure analytique est également indiquée comme relais des thérapies qui n’ont pas fonctionné, car elle propose une approche différente et permet de faire un travail en profondeur, se centrant plus sur les causes du mal-être que sur ses effets et les symptômes qu’il engendre.

Les spécificités de la cure

La psychanalyse ne cherche pas à tout prix à éradiquer le symptôme, même si un symptôme peut être à l’origine de la demande d’une cure analytique. Ce n’est pas le rôle de l’analyste de vouloir changer l’analysant et de l’adapter à une certaine « normalité ». Au contraire, il respecte sa singularité ainsi que son symptôme qui en est la marque. Le symptôme a toujours plusieurs fonctions : entre autres, celle de dire la vérité inconsciente. En d’autres termes, c’est un moyen d’expression que l’inconscient trouve pour faire entendre quelque chose de refoulé qui cherche à se dire. C’est pour cela que le psychanalyste ne cherche pas à l’éradiquer mais au contraire à entendre ce qu’il vient dire, car ce n’est que comme cela qu’un effet de pacification se produit.

Psychanalyse Lattes

Psychanalyse Lattes

Le but premier de la cure analytique n’est donc pas de guérir le patient en le débarrassant de ce qui le gêne et de ce qui peut être considéré comme pathologique. Il s’agit plutôt d’une expérience de vérité pour l’analysant, dans le sens où il va chercher à comprendre comment les choses se sont inscrites psychiquement pour lui, comment elles ont déterminé sa vie, ses choix, sa façon de voir les choses et d’agir. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas d’effet thérapeutique. Comme je l’ai dit, lorsque cette vérité refoulée est enfin entendue par un autre incarné par le psychanalyste, une pacification se produit et généralement les symptômes finissent par disparaître. Disons que dans la cure analytique, la guérison est de surcroît comme le spécifiait Lacan.

En faisant cette expérience de vérité, l’analysant va petit à petit pouvoir faire les liens entre ce qu’il a vécu, ce qui lui a posé problème et comment il a réagi inconsciemment. C’est cette connaissance et cette prise de conscience qui vont lui permettre de se dégager de ce dans quoi il était pris et de prendre une nouvelle posture. Le but de l’analyse est ainsi de replacer l’analysant dans son désir, de le sortir de sa compulsion de répétition inconsciente et mortifère qui dirige sa vie et qui fait que des symptômes ou certaines situations de vie se répètent. Faire une psychanalyse, c’est d’une certaine façon acquérir une liberté en se déprenant du déterminisme de l’inconscient.